Attentisme sur le marché immobilier :

 

 

Immobilier : vendre ou acheter, serait-il urgent d’attendre ? (les Echos du 12/03/2024)

Le marché immobilier reste encore trop peu lisible pour les ménages en quête d’une boussole. Faut-il surseoir à son projet ou au contraire profiter des possibilités de négociation accrues ? Vendre aujourd’hui alors que la baisse semble devoir se poursuivre ou attendre que les prix se redressent ? Une récente enquête dessine quelques pistes.

Il y a un an, un flot d’emprunteurs tambourinait à la porte des banques pour tenter de financer leur projet immobilier. Les prêts étaient alors octroyés au compte-goutte, et bénéficiaient surtout aux meilleurs profils. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Le robinet du crédit s’est réouvert mais la demande reste poussive, en dépit de quelques frémissements perçus dans les agences immobilières.

Une enquête(1) réalisée en février pour le courtier en crédit immobilier Pretto révèle un pessimisme ambiant chez les potentiels acquéreurs. Parmi un panel d’un peu plus de 2.000 Français interrogés, une majorité d’entre eux souhaite rester en retrait face à l’incertitude du marché immobilier. Six Français sur dix le jugent actuellement défavorable, et préfèrent reporter leur acquisition. Ce constat se vérifie dans toutes les régions françaises. Les emprunteurs se montrent cependant un peu plus optimistes en Ile-de-France qu’ailleurs.

Ce qui pourrait relancer le marché

Le manque d’empressement est encore plus marqué chez les primo-accédants. 80 % d’entre eux déclarent vouloir attendre des conditions plus favorables avant de réaliser un achat immobilier. L’étude a été menée au travers d’un questionnaire à choix multiples permettant de répondre par la positive à plusieurs items.

« On arrive à établir assez nettement ce qui viendrait dynamiser le marché et mettre fin à cet attentisme », analyse Pierre Chapon, président de Pretto. Deux facteurs principaux sont mis en avant par les sondés : la baisse des prix de vente des biens (56 %) et le recul des taux des crédits immobiliers (53,5 %).

 

La prise en compte de ces deux éléments clés – taux et prix – est particulièrement marquée chez les populations âgées de plus de 35 ans. Cela suggère une prudence financière accrue du côté des acheteurs plus matures à l’inverse des plus jeunes, indique Pretto.

D’autres facteurs pourraient inciter les potentiels acquéreurs à passer à l’acte, tels que la possibilité de constituer une épargne suffisante pour un apport (44,5 %) ou une augmentation salariale (40,7 %). Des annonces gouvernementales pour favoriser le financement d’un achat immobilier (32,8 %) ou des mesures visant à accompagner la rénovation énergétique d’un logement (19,2 %) sont aussi perçues comme de potentiels éléments déclencheurs d’une opération immobilière.

Des vendeurs plus ouverts aux concessions

« Les vendeurs ont très bien intégré le fait que le marché est baissier, et que les acheteurs ont davantage de pouvoir », observe Pierre Chapon. La moitié se dit prête à baisser son prix, que ce soit en réduisant le prix de vente affiché ou en acceptant de le négocier. Un vendeur sur deux se déclare aussi favorable pour faire des travaux de rénovation énergétique ou de modernisation de son logement pour accélérer sa vente. En revanche, 13 % d’irréductibles se disent peu pressés, et ne comptent pas utiliser ces différents leviers.

Afin de fluidifier le marché, Pierre Chapon appelle les pouvoirs publics à déverrouiller les critères d’octroi des crédits fixés par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), un vieux cheval de bataille des courtiers.

Marché immobilier : le temps de l'ettentisme

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